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Imaginé et réalisé dans sa version prototype en 1992 par Philippe
GUILLEMANT et Erik ULMER, le vidéomètre oculaire (VMO, brevet CNRS) est
un dispositif permettant grâce à l’analyse automatique d’image l’enregistrement
simultané tridimensionnel des mouvements de la tête et des mouvements de
l’œil. Il faut savoir qu’une image vidéo est formée d’une
succession de lignes horizontales. Chaque ligne, qui dure 64 ms est
elle-même formée d’une succession de points ou « pixel » dont le
nombre définit la « résolution horizontale » de l’image. Chaque
pixel est caractérisé par un certain « niveau de gris » étiré du
noir au blanc. L’image complète est formée de 625 lignes superposées
de haut en bas, et l’écriture d’une image dure par conséquent
625*64=40000ms soit 40msec, c’est à
dire une fréquence de 25Hz. Cependant, pour éviter toute fatigue par
scintillement de l’image, la fréquence de 25Hz est multipliée par deux
grâce à l’entrelacement des lignes : 312,5 lignes impaires sont d’abord
écrites de haut en bas en 20msec, formant la « trame impaire », puis
les lignes paires viennent s’entrelacer entre les lignes impaires
formant la « trame paire ». Ainsi la fréquence apparente de l’image
est de 50Hz, mais il s’agit en fait d’une fréquence trame. Le
principe du VMO consiste à exploiter alternativement les images contenues
dans les trames de deux caméras synchronisées montées tête-bêche dans
le même boîtier couplé à l’oculaire d’un masque de VNG. Une
caméra est dite « caméra-œil » et l’autre « caméra-décor ». Les
mouvements de la tête sont déduits des mouvements des objets inclus dans
le champ filmé par la caméra-décor. Les avantages d’une telle
méthode sont multiples : d’abord une grande homogénéité dans la
mesure des mouvements relatifs œil-tête. Ensuite l’algorithme imaginé
par Philippe GUILLEMANT permet de tenir compte d’éventuels objets
mobiles dans le décor (par exemple une personne se déplaçant dans le
champ de la caméra). Enfin il est évident qu’une telle possibilité d’enregistrer
les mouvements de la tête qu’elle qu’en soit la direction et le sens
laisse à l’opérateur toute liberté en ce qui concerne les moyens de
stimulation : fauteuil électronique, mécanique, chaise pivotante
actionnée à la main ou même sujet totalement libre de ses mouvements.
La possibilité d’enregistrer des mouvements verticaux ou d’inclinaison
latérale (tilt) de la tête, en même temps que des mouvements
horizontaux, verticaux et torsionnels de l’œil, ouvre la voie à une
exploration enfin complète des réflexes oculo-céphaliques.
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