DOSSIER MEDICAL : La prépondérance directionnelle
  
   

La prépondérance directionnelle peut se définir comme une asymétrie reproductible de la réponse oculomotrice lors de stimulations symétriques. La stimulation sera le plus souvent cinétique ou calorique, mais elle pourrait également être cervicale, visuelle, acoustique ou autre, par exemple galvanique.
Pour chacune de ces stimulations la prépondérance se caractérise par une direction (horizontale, verticale ou torsionnelle), un sens qui dépend de la direction, et une intensité. Enfin, lors des épreuves fonctionnelles vestibulaires, le phénomène de prépondérance traduit un trouble de la balance du réflexe vestibulo-oculaire mais ne suffit jamais à lui seul pour en préciser l’origine qui peut être vestibulaire, cervicale, ou centrale. Il reviendra donc à chaque praticien de conduire son interrogatoire et son examen de manière à accumuler les arguments permettant de rattacher la prépondérance observée à une origine possible, probable, ou certaine.

La prépondérance lors des épreuves pendulaires sinusoïdales

Dans l’obscurité, lors des stimulations vestibulaires par des mouvements sinusoïdaux horizontaux la réponse oculomotrice est un nystagmus horizontal dont la cumulée des phases lentes est une sinusoïde de même période, d’amplitude réduite environ de moitié et de phase opposée. S’il existe une prépondérance directionnelle cette dernière se traduit par une dérive de la cumulée vers le haut (prépondérance gauche) ou vers le bas (prépondérance droite). La figure ci-dessous montre qu’une telle dérive résulte de l’addition d’une droite y=ax à la fonction sin(x). L’intensité de la prépondérance directionnelle peut par conséquent s’exprimer comme la pente de cette droite c’est à dire pour ce qui nous concerne en degrés par seconde. Sur le plan graphique une prépondérance directionnelle se traduit très différemment selon que les tracés sont observés en mode « position » (figure ci-dessous) ou en mode « vitesse » :

Le mode « position » signifie que l’on observe le graphe des évolutions de la position du fauteuil, ainsi que le graphe de la cumulée des phases lentes déduit de la position oculaire. Dans ce cas l’on retrouve l’expression de la prépondérance sous la forme d’une dérive de la cumulée. Lorsque cette dérive est très rapide il est alors plus facile d’évaluer l’amplitude des modulations liées à la réflectivité vestibulaire en observant l’évolution des vitesses de la cumulée plutôt que la position.

La figure ci-dessous, qui fait référence au patient précédent, montre que l’avantage du mode « vitesse » est, en dérivant le signal de position, de remplacer la pente relativement constante liée à la prépondérance par un simple décalage par rapport à la vitesse nulle. Dans le langage des techniciens un tel décalage se nomme « offset ». Par conséquent le terme offset peut être considéré comme un synonyme de l’expression « prépondérance directionnelle ». L’offset peut également se rencontrer au niveau de la stimulation, qu’il y soit introduit volontairement ou par accident. Du fait des conventions de signes relatives au nystagmus l’offset est positif en cas de prépondérance gauche et négatif dans le cas opposé. Dans la réalité la valeur de la pente n’est pas constante et augmente en fonction de l’intensité de la stimulation. Mais en pratique l’on peut s »e contenter de sa valeur moyenne.

Le domaine des valeurs d’accélération rencontrées lors des tests sinusoïdaux se situe à l’intérieur du domaine de linéarité des réponses vestibulaires. Par conséquent il est légitime de traiter le signal inclus dans un intervalle de temps donné par transformée de Fourier de sorte à en extraire automatiquement le gain, la phase et la prépondérance (offset).

Nous verrons lors du prochain bulletin à partir de quand une prépondérance est significative.