De façon normale l’épreuve
calorique froide entraîne une composante verticale supérieure du
nystagmus réactionnel, tandis que l’épreuve chaude provoque une
composante inférieure. Dès lors l’étude de la composante verticale du
nystagmus réactionnel aux épreuves caloriques comporte, tout comme pour
la composante horizontale, trois objectifs qui sont la mesure du déficit
relatif, de la prépondérance et de la réflectivité. La difficulté de
cette étude est liée à la réflectivité généralement très faible,
en moyenne 2,7°/s, de la composante verticale alors que la composante
horizontale est en moyenne de vitesse dix fois supérieure. Cette faible
réflectivité a des conséquences au niveau des trois mesures :
-
en
ce qui concerne la prépondérance le nystagmus spontané comporte
souvent une composante verticale dont la vitesse est de l’ordre d’1
à 2°/s.Une telle vitesse est trop intense pour être inversée par
la réaction ce qui induit une prépondérance directionnelle totale.
Cette prépondérance totale, rarement rencontrée en horizontal, est
donc fréquente en vertical,
-
en
ce qui concerne la réflectivité celle ci se mesure à l’épaisseur
totale du radis aux instants correspondants aux pics de culmination
des réponses chaude et froide. La faible réflectivité verticale,
jointe au couloir de fluctuation d’intensité du nystagmus spontané
sous l’influence des conditions inhibitrices centrales, rend souvent
difficile l’estimation de la réflectivité. C’est alors que l’on
pourra s’aider de l’outil de mesure manuelle (voir page 6 §F7),
-
en
ce qui concerne la mesure du déficit relatif la faible réflectivité
entraîne une marge d’erreur plus importante que pour la composante
horizontale. Ainsi pour qu’un déficit horizontal soit significatif
il suffit qu’il atteigne 15%, tandis que pour la composante
verticale il est nécessaire que l’hypovalence dépasse au moins 3%.
Or,
malgré toutes ces difficultés, l’observation de la composante
verticale, tant au niveau de la prépondérance que de l’hypovalence, n’en
reste pas moins très intéressante pour différentes raisons dont l’une
est le dépistage des neurinomes au stade I. Dans la seule année 1996
nous avons en effet recensé 3 cas de neurinomes au stade I pour lesquel s
il n’y avait aucun déficit horizontal significatif, alors qu’il
existait une aréflexie ou une importante hypovalence de la composante
verticale du côté du neurinome. Par ailleurs d’autres cas identiques
nous ont été rapportés par Claire GILLOT-LEPETRE (Arles) ainsi que par
Alain CONTANT (La Seyne-sur-Mer). Il ne s’agit donc pas d’une
observation exceptionnelle, d’autant plus que la fréquence de rencontre
des neurinomes dans la population générale est relativement faible.
La figure ci-dessous représente le cas d’un homme de 36ans qui
présente un neurinome de stade I du côté gauche. La moitié gauche de
la figure représente de haut en bas le graphe de Freyss et les radis
relatifs à la composante horizontale. L’on peut constater l’absence
de tout déficit significatif du côté de l’oreille gauche. A la partie
droite de la figure se trouvent superposés le graphe de Freyss et les
radis relatifs à la composante verticale. L’on constate que le graphe
de Freyss objective une importante hypovalence gauche, ainsi qu’une
légère prépondérance supérieure, que l’on rencontre habituellement
dans les processus déficitaires irréversibles. Il faut remarquer que le
sens des réactions verticales du côté de l’oreille droite est normal,
la réaction chaude étant bien de sens inférieur et la froide de sens
supérieur.
Il est évident que l’on pourra rencontrer de tels syndromes d’hypovalence
verticale pure, sans déficit horizontal associé, dans d’autres
affections que les neurinomes du VIII. Ainsi nous avons pu en observer au
décours de névrites suivies de récupération de la réflectivité
horizontale mais pas de la verticale. Cependant il n’en reste pas moins
vrai que l’observation d’un tel syndrome représente indiscutablement
un signe d’appel qui conduit logiquement à l’indication d’un PEA
même en l’absence de tout signe cochléaire ou de toute doléance d’équilibre
à l’anamnèse.
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