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Nous
donnons ici une solution à un devoir de philosophie proposé aux élèves
de terminale et dont l’énoncé est : « Autrui peut-il m’aider ? »
Le langage actuel, qu’il soit parlé
ou écrit, résulte d’un lent perfectionnement de cris, sifflements et
grognements hérités des anthropopithèques. Dans ce contexte répondre
à une question telle que « autrui peut-il m’aider ? » relève de la
logique floue. Une telle question ne peut être abordée que par le biais
d’une analyse fractale et d’approximations successives. Quant à la
réponse à la question précédente, réponse qui ne pourra être qu’approximative,
elle ne sera qu’une goutte de plus dans l’océan du chaos sémantique.
Analyse dimensionnelle plurimodale de la question initiale
L’on distinguera à la question 5 parties élémentaires, toutes
sujettes à caution, et nous devrons être brefs pour tenir compte du
temps (en raison de l’argent qu’il représente pour payer les cautions
le cas échéant).
1
Autrui
2 M’
3 Aider
4 Peut-il
5 ?
1
- Autrui est-il minéral ou animal ? Une pierre sur mon chemin peut m’aider
à tomber. D’aucuns diront qu’une telle situation ne peut illustrer le
propos puisque le verbe « aider » suppose vouloir et que la pierre n’est
pas supposée avoir eu la volonté de me faire tomber. Or la nature me
force à éprouver pour cette pierre les mêmes sentiments de colère et
le même besoin de vengeance que pour tout être vivant qui m’aurait
agressé. Dois-je donc refuser cette intuition naturelle qui me pousse à
considérer la pierre comme dotée d’une volonté ? Tout progrès n’est-il
pas le plus souvent le fruit de telles intuitions ?
Par conséquent à la question « qui est autrui ? » l’on peut
répondre qu’autrui n’est pas seulement n’importe qui, par exemple
le professeur de philo (ou la professette), mais plus généralement n’importe
quoi pour les raisons vues ci-dessus.

2 - M’ signifie en première approximation « moi », en tant qu’individu
plus ou moins loufoque. Or l’aide qu’un tiers voudra m’apporter
dépendra de la signifiance qu’il m’accordera. Ceci implique le choix
par ce tiers d’une référence scalaire lui permettant par rapport à
lui même d’identifier non seulement mon existence mais encore mes
besoins. Or l’on peut prouver en se plaçant aux deux extrémités de l’échelle
des dimensions spatiales qu’il n’y a pas de limites au pouvoir de
résolution des systèmes. Par exemple un bacille pourra m’aider à
attraper le typhus, et le soleil d’été pourra me colorer en métèque.
Or pour le bacille je représente plus qu’un univers, tandis que pour le
soleil je représente moins qu’un atome. Par conséquent à la question
« qui est moi ? » l’on peut répondre que moi n’est pas seulement n’importe
qui, mais plus généralement n’importe quoi pour les raisons ci-dessus
exposées.
3
- Aider : verbe transitif dérivé du latin « adjutare » et qui
signifie selon la première définition du petit Larousse « fournir une
aide à » (ici sous-entendu moi). Par approximations successives
référencée aux premières définitions de chaque terme l’on trouve :
Fournir
: v.t. : Pourvoir du nécessaire
Pourvoir : v.t. : Mettre
en possession
Nécessaire : n.m. Ce
qui est indispensable pour les besoins de la vie
Aide
: nom féminin ayant comme synonyme appui, secours, assistance
Appui : n.m. Soutien,
support
Soutien : n.m. Action
de soutenir
Action : n.f. Manifestation
concrète de la volonté de quelqu’un
Soutenir : v.t. (lat
sustinere) tenir
par en dessous
en
supportant une partie
du poids
Par conséquent « aider » signifie « manifester
concrètement sa volonté en tenant la personne choisie par en dessous
pour la mettre en possession, ce qui est indispensable pour les besoins de
la vie ».
Il est sage de s’arrêter à la définition précédente, car si l’on
poursuit l’arborescence dans le forêt encyclopédique des synonymes et
autres approches épistémologiques alors il devient de plus en plus
évident qu’aider signifie plus généralement « faire n’importe
quoi, sachant que cela servira toujours à quelque chose ».
4
- Peut-il
-
S’il
le peut et ne le veut, c’est un salopard,
-
S’il
le veut et ne le peut c’est un impuissant,
-
S’il
ne le peut et ne le veut il est nul
-
S’il
le veut et le peut alors qu’il le fasse et par exemple, s’agissant
de la professette de philo, qu’elle se dépêche de mettre une
bonne note et je la récompenserai à mon tour par quelques
flagorneries, ou bien en l’aidant dans le respect de la
définition du verbe « aider ».
5
- ?
Comprendre
une question c’est déjà y répondre. Pour comprendre la question «
autrui peut-il m’aider ? » il faut à présent la transcrire en nous
servant de la décomposition terminologique précédente :
Autrui peut-il m’aider signifie : un salopard, impuissant, nul, ou
lubrique, peut-il faire n’importe quoi à n’importe qui en tenant la
personne choisie par en dessous dans l’objectif avoué de la mettre en
possession ?
La réponse est dès lors évidente : oui, si cela est indispensable pour
les besoins de la vie.
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