TRUCS ET ASTUCES : La calibration sans étude oculomotrice
   

 Cet article s’adresse en priorité à ceux qui ne possèdent aucun dispositif d’enregistrement du déplacement de la tête, et qui souhaitent faire une calibration sans passer par les tests oculomoteurs. D’autres y trouveront de l’intérêt dans la description des conditions générales d’enregistrement du VVOR. Il est en effet possible de réaliser rapidement une calibration précise d’origine visuelle sans passer par l’étude des saccades, et ceci grâce aux propriétés de la cumulée des phases lentes disponible en page F6 du menu principal. En effet la propriété la plus remarquable de la cumulée des phases lentes est, sous certaines conditions, de traduire très exactement l’amplitude d’un mouvement de rotation de la tête. Par conséquent si l’amplitude du mouvement céphalique est connue par avance, alors il est possible de l’utiliser pour calibrer l’amplitude des mouvements oculaires. Une telle propriété de la cumulée est déjà exploitée sous F6 en mode VVOR pour ceux qui possèdent un capteur d’enregistrement de la position du fauteuil, ou un vélocimètre (touche [c] comme calibration). C’est pourquoi nous considérons ici le cas de ceux qui ne possèdent aucun dispositif d’enregistrement de ce genre.

Dans le protocole que nous allons décrire, et plus généralement dans tout enregistrement en mode VVOR, le décor joue au niveau de la chaîne d’acquisition du signal oculomoteur le rôle d’un périphérique de stimulation du réflexe optocinétique. Il est par conséquent nécessaire que ce décor soit bien éclairé, et soit pourvu tous les 15 à 30 degrés d’au moins un repère contrasté situé dans la direction du regard horizontal. En pratique la plupart des décors comportent déjà une répartition aléatoire suffisante d’objets tels que des contours de porte, des meubles, des tableaux ou posters etc. Ce n’est par conséquent qu’en cas de larges murs blanc uniforme que l’on devra prévoir la disposition de repères supplémentaires.

Une autre condition de faisabilité d’une telle procédure de calibration est liée aux qualités sensori-motrices du système oculomoteur, et en particulier à la normalité de la conjugaison des mouvements oculaires, de la vision fovéale de l’œil maître, et à l’absence de nystagmus de fixation du regard latéral. Toutes ces conditions pourront être vérifiées en quelques secondes grâce au simple examen clinique du suivi des mouvements du doigt de l’examinateur.

L’épreuve de calibration proprement dite consiste à demander au patient de fixer un objet initialement placé en face de lui. L’échelle d’amplitude est réglée sur 720° pe, et l’acquisition est lancée en F2. L’on demande alors au patient de garder les yeux bien ouverts et le regard horizontal tandis qu’il effectue un tour complet sur lui-même en 6 à 10 secondes pour revenir fixer, à nouveau en face de lui, le même objet qu’au départ. Dans ces conditions l’enregistrement de la cumulée décrit un plateau de fixation initial, puis une pente correspondant à la rotation de 360 degrés, puis un nouveau plateau de fixation. Il suffit de cliquer avec le bouton de gauche de la souris deux points appartenant à chacun des plateaux de fixation, ce qui ou ouvre les étiquettes de lecture des coordonnées temporo-spatiales des points ainsi sélectionnés. En faisant la différence des amplitudes lues l’on déduit l’angle de déflexion mesuré, soit 283 degrés dans l’exemple ci-dessous. Dans ce cas si C est la valeur de calibration en cours la valeur réelle de la calibration est le résultat de l’opération 283*C/360. Il suffit dès lors de revenir en F3 du menu principal, d’ouvrir F6 pour accéder à la valeur de la calibration en cours, et à nouveau F6 pour introduire manuellement le résultat de l’opération précitée. La figure ci-dessous concerne le patient précédent, après que l’on ait ainsi rectifié la calibration. L’on constate, en refaisant le même test du tour complet en mode VVOR, que cette fois la mesure de l’écart d’amplitude entre les deux plateaux indique 363 degrés.

Il s’agit donc d’un mode de calibration très précis qui peut ainsi trouver sa place chez les patients qui, en F3, comprennent ou exécutent mal les consignes du test des saccades volontaires.