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Toute stimulation d’un canal semi circulaire se traduit par des effets moteurs impliquant simultanément la voie vestibulo-oculaire et vestibulo-spinale. Réciproquement toute affection impliquant ce même canal retentit simultanément sur les deux voies précédentes. Par conséquent, pour tester l’hypothèse selon laquelle un canal pourrait être à l’origine d’un syndrome de vertiges ou de déséquilibre, il est logique de tester dans la même séance non seulement le nystagmus mais encore les conditions générales de la posture et de l’équilibration.
Les anciens l’avaient parfaitement compris, eux qui associaient toujours l’étude du nystagmus sous lunettes et les tests précurseurs de la posturographie comme le Romberg, les index, la marche en étoile ou le piétinement aveugle.
La situation d’aujourd’hui est cependant très différente de celle d’autrefois, non pas en théorie mais en pratique. Pour bien comprendre cette différence il faut simplement se souvenir de deux choses :
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L’équilibre est un système multisensoriel dans lequel le vestibule n’est que l’une des entrées
disponibles.
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La sensibilité du dispositif d’observation conditionne la finesse de l’approche diagnostique et la dynamique du champ des conclusions.
Or les moyens d’analyse des anciens étaient certes robustes mais très rudimentaires : ils décrivaient parfaitement mais le manque de sensibilité du matériel limitait leurs descriptions aux grands syndromes décomposables en trois catégories:
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Les profonds déficits sensoriels irréversibles (neurinomes, névrites, ischémies, fractures..),
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Les fluctuations sensorielles intenses (menière,
hydrops)
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Les excitations brutales transitoires par gravito-sensibilité canalaire (canalolithiases et syndromes apparentés).
Ces grands syndromes, de par leur intensité même, retentissaient sur la voie vestibulo-spinale avec une telle violence qu’il y avait en règle une cohérence parfaite et reproductible entre les déviations segmentaires et le sens du nystagmus. Ainsi les anciens nous ont-ils légués le concept de « syndrome harmonieux » signant l’origine périphérique du trouble, et par opposition le syndrome « dysharmonieux » orientant vers une étiologie centrale.
Or aujourd’hui nos moyens d’investigation de la voie vestibulo-oculaire ont considérablement évolué, au point que nous devenons capables d’y déceler des anomalies qui n’ont pas nécessairement d’expression symptomatique. Dans ces conditions l’étude grossière de la voie vestibulo-spinale, alors que cette dernière fait intervenir le système locomoteur dans son ensemble avec ses pathologies propres, pourra très souvent nous mettre en présence de syndromes théoriquement « dysharmonieux », sans que cette adjectif ait cette fois la moindre connotation centrale.
Il importe donc à présent d’ajuster la sensibilité de nos moyens d’investigation des voies vestibulo oculaire et spinale, tout en maintenant la durée totale de l’examen et l’investissement matériel dans les limites du raisonnable.
C’est ainsi que naissent actuellement différents systèmes de posturographie statique ou dynamique. Parmi ces systèmes l’un des plus performants sur le plan pratique, et des moins abordables sur le plan économique, est l’Equitest de Nashner. Or nous verrons dans un prochain article comment l’exploitation d’une plate forme de Bessou permet, en moins de cinq minutes d’examen et pour un investissement minime, de réaliser la condition 5 de l’Equitest, c’est à dire la condition qui intéresse le plus l’ORL, et cela avec en prime un accroissement de sensibilité.
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