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L’épreuve cervicale, telle que décrite par Greiner et Conraux en 1964, définit des conditions d’enregistrement d’un nystagmus réactionnel d’origine purement cervicale. L’objectif principal de cette épreuve, clairement annoncé en page 95 dans le « Précis de vestibulométrie clinique » (Greiner, Conraux, Collard Ed. Doin 1969), est de délimiter des réponses normales et pathologiques, et l’objectif secondaire de répartir les éventuelles réponses pathologiques selon une origine osseuse, articulaire, musculaire ou vasculaire. Dans son protocole princeps l’épreuve cervicale cherche à dissocier au mieux les origines vasculaires et proprioceptives. Pour cela le protocole prévoit une intrication de mouvements sinusoïdaux de 60° d’amplitude, avec des 1/2 périodes de 60° suivies du maintien de la torsion cervicale pendant 20 secondes. Cette dernière condition privilégie l‘observation de signes éventuellement liés à la diminution du débit artériel controlatéral au sens de la rotation céphalique.
Cependant dans ce qui suit nous ne parlerons que du nystagmus réactionnel à la contre torsion céphalique obtenue lors de huit cycles d’un mouvement sinusoïdal de période 4 secondes et d‘amplitude maximale +/-30°, car ce test correspond à notre expérience depuis 1993.
En ce qui concerne les faits observés ces derniers ont été publiés dans le rapport de à la Société française d’ORL («Troubles de l’équilibre et vertiges»,1997, Magnan, Freyss, Conraux_p253-257). Pour l’essentiel ces faits se résument à 4 constatations :
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Le gain cervico-oculaire normal est faible, <0.2
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En cas d’aréflexie vestibulaire bilatérale le gain du COR augmente de façon normale, mais reste cependant compris entre 0,2 et 0,4
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Lorsque le VOR est normal, il semble bien exister une corrélation entre le symptômes cervicalgique et le gain du
COR>0.2
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Cependant un pourcentage non négligeable de cas présentent soit un COR>0.2 sans cervicalgies, soit des cervicalgies avec un COR<0.2
En ce qui concerne l’interprétation le fait qu’un sujet normal présente un gain de COR très faible, en pratique <0,2, s’explique assez facilement. Remarquons tout d’abord que l’épreuve de Conraux définit une situation dans laquelle les centres reçoivent simultanément deux informations a priori contradictoires :
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L’une, en provenance des vestibules au repos, qui traduit l’immobilité de la tête dans l’espace et par conséquent l’inutilité de toute nystagmogénèse.
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L’autre en provenance des propriocepteurs de la nuque, qui informe d’une rotation de la tête sur les épaules. Or une telle rotation correspond habituellement à une rotation de la tête dans l’espace justifiant la nystagmogénèse.
L’on devine par conséquent la possibilité au moins théorique pour qu’un excès de gain cervico-oculaire ne provienne pas nécessairement d’un excès d’afférences cervicales mais plutôt d’une inversion des coefficients de pondération que les centres appliquent aux afférences vestibulaires et cervicales. Ces coefficients privilégient normalement les afférences vestibulaires, ce qui entraîne l’absence de nystagmus observée chez le sujet normal. Dans le cas contraire l’on pourrait, si la réflectivité vestibulaire est normale, parler “ d’omission vestibulaire ”. Il serait donc intéressant, surtout en cas de COR excessif sans cervicalgies, de rechercher l’association à un syndrome d’omission vestibulaire en posturographie.
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