EDITORIAL : L'amitiés Franco-Polonaise
  
   

L’amitié entre les peuples ne s’explique pas plus facilement que l’amitié entre les êtres qui forment ces mêmes peuples. L’on peut seulement remarquer qu’il s’y trouve souvent à la base des affinités de goûts, des identités de façons de voir et de manières d’être et de penser, et enfin une communion autour d’une perspective, d’un projet ou d’un idéal commun. Cela ne signifie pas que l’amitié entre les peuples exclut les différences. Mais ce n’est pas le principe même de la différence qui est positif, car il en est d’annihilantes. Ce qui compte c’est que se trouve dans les différences une complémentarité qui, mise au service d’un intérêt commun, est la condition même d’un enrichissement réciproque.

Ainsi la France et la Pologne entretiennent depuis toujours des rapports d’amitié privilégiés, et cela précisément en raison tant des similitudes qui les unissent que des différences qui les singularisent. L’une de ces similitudes est une simple curiosité de situation géographique qui veut que si la France est au centre de l’Europe de l’ouest, entre l’Angleterre et l’Allemagne, la Pologne, elle, se trouve au centre de l’Europe tout court, entre le Portugal et l’Oural. Il s’agit bien sûr d’un hasard mais, tout comme il y a des traits de caractères propres aux populations insulaires, il est possible que ce hasard ait induit certaines similitudes comportementales entre les français et les polonais. Dans l’introduction d’un ouvrage abondamment illustré et intitulé « Pologne » (Ed. Arkady 1994) Wojciech Gielzynski note « Pour les russes la Pologne est le vrai Occident. Pour eux les polonais sont des papistes, fidèles du pape à Rome. Comble de malheur, ils se servent de l’alphabet latin! Ils ne sont donc pas de vrais slaves, qui auraient dû rester fidèles à l’église orthodoxe et devraient se servir d’un alphabet cyrillique slave ».

Si la prospérité élargit la sphère des relations, l’épreuve rétracte vite cette dernière aux limites du cercle des amis véritables. Or à travers les siècles les épreuves n’ont pas manqué au peuple polonais, mais l’amour farouche de la liberté qu’il partage avec le peuple français lui a toujours permis d’y faire face. Depuis 1945, grâce à la paix retrouvée, la Pologne s’est remise des blessures sanglantes de la dernière guerre, et son amour de la liberté lui a donné la force de se défaire du régime de tutelle coercitive qui, depuis les traités de Yalta et Postdam, paralysait ses élans politiques vers la démocratie. 
Il suffit d’aller en Pologne aujourd’hui pour constater le dynamisme de ce peuple sympathique, historiquement ami et complice de la France. Il suffit de s’y déplacer pour constater la multiplicité des attraits tant géographiques qu’artistiques et culturels. Et il suffit à présent d’aller dans un Hôpital polonais pour avoir de bonnes chances d’y trouver….un VNG français! 

   

Joël De ROSA